Un essai clinique international destiné à évaluer deux traitements expérimentaux contre la maladie à virus Ebola de souche Bundibugyo a commencé à recruter des patients en République démocratique du Congo, où l’épidémie a déjà fait près de 440 morts, ont annoncé jeudi les organisateurs.
Baptisé PARTNERS (Platform Adaptive Randomised Trial for New and Repurposed Filovirus TreatmentS), l’essai doit déterminer si deux antiviraux – l’anticorps monoclonal MBP134 et le remdésivir – permettent d’améliorer la survie des personnes infectées par le virus Bundibugyo. Les chercheurs évalueront également l’efficacité d’une association des deux traitements.
Parrainé par l’Organisation mondiale de la Santé (OMS), l’essai est coordonné par l’Institut national de recherche biomédicale (INRB) de RDC, l’Institut de médecine tropicale d’Anvers et l’Université d’Oxford, avec l’appui des Centres africains de contrôle et de prévention des maladies (Africa CDC) et plusieurs partenaires internationaux.
Depuis le début de l’épidémie déclarée le 15 mai, plus de 1.400 cas confirmés de maladie à virus Bundibugyo ont été recensés en RDC. Près de 210 personnes se sont rétablies tandis que près de 440 sont décédées, selon les autorités sanitaires.
Contrairement à la souche Zaïre du virus Ebola, contre laquelle plusieurs traitements sont désormais disponibles, aucun médicament n’est actuellement homologué pour traiter la maladie provoquée par le virus Bundibugyo.
“Même en l’absence de traitements homologués, des personnes parviennent à se rétablir de cette maladie, mais il va sans dire que nous pourrions sauver bien plus de vies si nous disposions de traitements sûrs et efficaces dans notre arsenal thérapeutique”, a déclaré le directeur général de l’OMS, Tedros Adhanom Ghebreyesus.
Selon l’OMS, les candidats thérapeutiques retenus ont été sélectionnés après l’examen des données issues de la recherche préclinique, des essais d’innocuité et des enseignements tirés des précédentes flambées d’Ebola.
L’essai, de type randomisé adaptatif, est ouvert aux patients de tout âge dont l’infection a été confirmée. Les participants bénéficieront de soins de soutien conformes aux recommandations de l’OMS, incluant réhydratation, oxygénothérapie, traitement de la douleur et surveillance médicale pendant au moins 28 jours.
“Nous avons besoin de toute urgence de traitements susceptibles d’aider les personnes touchées par la maladie à virus Bundibugyo. L’un des principaux enseignements tirés des récentes épidémies est que la recherche doit se dérouler parallèlement à la riposte, et non après”, a souligné Amanda Rojek, responsable des opérations de l’essai à l’Université d’Oxford.
Le directeur général de l’INRB, le professeur Jean-Jacques Muyembe-Tamfum, a estimé que l’intégration de cet essai dans la prise en charge des patients permettra d’offrir un accès à des traitements expérimentaux prometteurs tout en produisant les données scientifiques nécessaires pour améliorer la réponse aux futures épidémies.
L’étude est menée en partenariat avec le ministère congolais de la Santé, l’ONG ALIMA et les équipes de Médecins Sans Frontières.

