La République démocratique du Congo (RDC) a lancé officiellement, lundi 5 octobre 2026 à l’aérodrome de Ndolo à Kinshasa, un vaste programme national de cartographie géophysique aéroportée et géologique baptisé « PC2G-RDC ». Cette initiative vise à approfondir la connaissance scientifique du sous-sol congolais, à orienter l’exploration minière et à renforcer la souveraineté de l’État sur ses ressources naturelles.

En dépit de son immense patrimoine minéral en cuivre, cobalt, lithium, tantale et terres rares, la RDC compte à ce jour moins de 10 % de son territoire véritablement exploré d’un point de vue géologique. La campagne lancée ce lundi a pour objectif de faire progresser la couverture géoscientifique du pays de 22,27 % actuellement à 46,1 %.
« La souveraineté ne commence pas au moment où les minerais sont extraits de la terre ; elle commence lorsque l’État connaît son territoire, possède ses propres cartes, maîtrise ses données, conserve ses échantillons et forme les experts capables de les interpréter », a déclaré le directeur general du Service Géologique National du Congo (SGN-C) lors de son allocution.

Le programme s’étend sur une durée totale de 36 mois et bénéficie d’un financement intégral sur fonds propres de l’État congolais à travers le Fonds Minier pour les Générations Futures (FOMIN). La maîtrise d’ouvrage et la coordination scientifique sont assurées par le SGN-C, sous la tutelle du ministère des Mines, tandis que l’exécution des opérations techniques a été attribuée au groupe international Xcalibur Multiphysics (Xcalibur Smart Mapping).
Sur le plan technique, l’opération vise à cartographier environ 35 % du territoire national, ce qui représente un parcours cumulé de plus de 3 millions de kilomètres linéaires de vol. Les levés aéroportés couvriront en priorité plusieurs provinces clés, notamment le Kongo Central, le Kwango, le Kwilu, le Grand Kasai ainsi que la poursuite des travaux entamés dans le Grand Katanga.
Pour exécuter cette collecte de données à haute résolution, une flotte de 8 avions est d’ores et déjà déployée sur le sol congolais, avec une montée en puissance prévue jusqu’à 12 aéronefs mobilisés simultanément lors des pics d’activité. Les appareils utilisent des capteurs magnétiques, radiométriques, gravimétriques et électromagnétiques permettant une auscultation multi-échelle du sous-sol, y compris dans les zones enclavées ou couvertes par un dense couvert végétal.
Le prestataire technique Xcalibur a par ailleurs sollicité l’appui des autorités congolaises auprès du Département d’État américain afin de recevoir l’autorisation d’importer et d’intégrer la technologie de gradiométrie gravitationnelle Falcon, considérée comme l’un des outils de cartographie géophysique les plus avancés au monde.
Les autorités techniques ont rappelé qu’une anomalie géophysique ne constitue pas un gisement immédiatement exploitable, mais une indication scientifique devant être interprétée puis vérifiée par des campagnes de terrain ultérieures.

Cependant, ces données stratégiques permettront de réduire le risque géologique pour les investisseurs, d’accélérer les découvertes de substances critiques nécessaires à la transition énergétique et d’améliorer la position de l’État lors des négociations de contrats miniers.
Outre la production de données cartographiques, le programme inclut un volet de formation pratique à destination des jeunes géologues, techniciens et chercheurs congolais du SGN-C et du ministère des Mines.
L’entreprise partenaire étudie également l’établissement d’un centre d’excellence en intelligence artificielle appliquée aux géosciences à Kinshasa et la création progressive d’un « jumeau numérique » du capital naturel de la RDC, destiné à servir de garantie financière pour faciliter l’accès du pays à de nouveaux financements de développement.

