RDC – Ebola : la multiplication des foyers met la riposte sous pression au Nord-Kivu

L’épidémie de maladie à virus Ebola, qui sévit en République démocratique du Congo depuis mai, a franchi le seuil des 4 000 morts, selon Médecins sans frontières (MSF), qui alerte sur la multiplication des foyers dans le Nord-Kivu et sur des capacités de prise en charge désormais saturées.

La province concentre près de 40 % des nouveaux cas confirmés enregistrés dans le pays, selon l’organisation médicale. À Butembo, l’une des principales zones touchées, 34 % des patients positifs étaient encore pris en charge, au 28 septembre, dans des structures de santé ne disposant pas de services dédiés à Ebola.

En cause notamment : le manque de lits dans les centres de traitement et les retards dans le diagnostic. Cette situation augmente le risque de transmission, prévient MSF.

Dans plusieurs structures périphériques, les mesures de prévention et de contrôle des infections restent insuffisantes, avec des besoins en équipements de protection, dispositifs d’hygiène et espaces d’isolement.

« Dans cette épidémie, nous sommes comme des pompiers confrontés à un mégafeu, avec de multiples foyers simultanés », alerte Stéphanie Hoffmann, responsable du Centre de traitement Ebola de MSF à Butembo. Selon elle, l’évolution de l’épidémie reste imprévisible : si Butembo connaît une légère baisse des cas, Beni fait face à une forte hausse.

La capacité d’accueil demeure particulièrement préoccupante. Jusqu’à récemment, Butembo ne disposait que de deux centres de traitement pour une population estimée à près de deux millions d’habitants. Deux structures supplémentaires ont depuis ouvert, mais les capacités restent insuffisantes.

MSF soutient actuellement trois structures dans la zone : le centre de traitement de Kitatumba, doté de 29 lits pour les cas suspects et confirmés, ainsi que deux centres de transit, à l’Université catholique du Graben et à Musienene, disposant respectivement de 16 et cinq lits pour les cas suspects.

Au-delà de la prise en charge médicale, l’organisation insiste sur la nécessité de renforcer la confiance des populations. Plus de 60 % des décès liés à Ebola surviennent encore en dehors des structures de santé, dans les communautés, affirme MSF.

L’organisation appelle ainsi à une mobilisation accrue pour améliorer la détection des cas, le suivi des contacts et l’organisation d’enterrements sécurisés.

Sans renforcement rapide des capacités de surveillance et de soins, MSF redoute une aggravation de l’épidémie dans les prochaines semaines.

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