L’Ouganda a officiellement déclaré mardi la fin de son épidémie d’Ebola, après 42 jours sans nouveau cas, tandis que les autorités ont averti que le virus continuait de circuler en République démocratique du Congo (RDC), justifiant le maintien d’une vigilance accrue aux frontières.
La déclaration intervient à l’issue de la période de surveillance de 42 jours ayant suivi la sortie du dernier patient, le 16 juin, conformément aux critères internationaux retenus pour annoncer la fin d’une flambée épidémique. Durant cette période, aucun nouveau cas n’a été détecté, selon le ministère ougandais de la Santé.
L’épidémie, déclarée le 15 mai après la confirmation de cas importés depuis la RDC, a fait 20 cas confirmés, dont deux décès. Quinze des personnes infectées avaient contracté le virus en RDC, tandis que cinq autres étaient des soignants ougandais contaminés au contact de ces cas importés, selon les autorités.
Le ministère a indiqué que les investigations épidémiologiques avaient permis d’identifier l’ensemble des chaînes de transmission et de placer sous surveillance tous les contacts, sans qu’aucune transmission communautaire inexpliquée ne soit observée. Des analyses génomiques ont confirmé que le virus en circulation appartenait à la souche Bundibugyo.
Malgré cette annonce, Kampala souligne que “l’épidémie dans la RDC voisine continue d’évoluer” et affirme maintenir un niveau d’alerte élevé dans les districts frontaliers. Le gouvernement assure poursuivre le renforcement de la surveillance, de la préparation des équipes d’interventions rapides et de la coopération sanitaire avec Kinshasa.
Dans le cadre de cette coopération, les deux pays ont signé un protocole d’accord pour une réponse transfrontalière conjointe. L’Ouganda indique avoir notamment installé deux laboratoires mobiles et deux unités de traitement Ebola de 80 lits à Aru et Kasenyi, dans le nord-est de la RDC, afin de contribuer au contrôle de l’épidémie à sa source.
Pendant ce temps, la situation sanitaire dans l’Est de la République démocratique du Congo, foyer de l’épidémie ne rassure pas.
L’épidémie en cours est déjà la plus grave de l’histoire du pays. À titre de comparaison, l’épidémie de 2018-2020 avait enregistré 3 470 cas et 2 287 décès en près de trois ans.
Aujourd’hui, en seulement deux mois, l’épidémie totalise déjà 3 262 cas et 1 437 décès, illustrant une propagation et une létalité d’une ampleur exceptionnelle.

